Le Feu
Un synopsis est une présentation détaillée de proposition de reportage.
Pour ce reportage, j’ai choisi de me pencher sur une pratique agricole traditionnelle, que l’on retrouve dans des régions forestières tropicales : la culture itinérante sur brûlis. Cette dernière consiste à défricher de petites surfaces de forêt en les brûlant, puis à les mettre en culture. Après la phase de culture, la parcelle est mise en jachère (abandon momentané), et d’autres surfaces sont défrichées. Partagée par plus de 1000 ethnies et 12 millions de personnes sur terre, cette pratique ancestrale pose question quant à son impact environnemental. Elle a été l’objet de nombreux travaux depuis les années 1960, qui la dénoncent comme étant la cause principale de la régression des forêts tropicales et de l’érosion des sols. Pourtant, des études d’ethnobotanistes et d’anthropologues montrent le caractère non perturbateur de ce système agricole tel qu’il est mis en œuvre traditionnellement par les communautés autochtones des régions forestières tropicales. Aujourd’hui, les mutations démographiques et socio-économiques que connaissent ces communautés semblent limiter la durabilité de la pratique agricole du brûlis, caractérisée par l’allongement de la mise en culture et la diminution du temps de jachère.
Mon travail portera sur la communauté des Noirs Marrons de Guyane Française, qui représente 20% de la population, et fait partie des groupes culturels impliqués dans la culture sur brûlis. Il s’agit ici de renouveler le regard porté sur ces pratiques, longtemps diabolisées. Ce que l’on appelle en français la culture itinérante sur brûlis est en effet désignée en anglais par le terme « slash-and-burn », « abattre et brûler ». Cette terminologie est significative : elle met en avant la destruction par le feu et omet complètement le caractère itinérant des pratiques, qui assure la régénération des écosystèmes. Bien que le brûlis ait connu des mutations qui en font un modèle de moins en moins bénin, il est important de replacer son impact environnemental dans l’ensemble des modèles agricoles ; l’agriculture intensive destinée à l’exportation ayant un impact incontestablement plus important.
Pour mener mes recherches, je m’appuierai sur des données de Scielo (Scientific Electronic Library Online), portail coopératif de littérature scientifique d’Amérique latine. On y retrouve des études sur les pratiques du brûlis chez les Noirs Marrons, leur place sur le plan symbolique, culturel et social ainsi que leurs évolutions. Je contacterai également la DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Guyane), qui se charge de la gestion durable des filières agricoles et forestières. Dans la mesure où le brûlis représente 90% des exploitations du territoire, les agents de la DAAF doivent être en contact direct avec les communautés qui exercent ces pratiques. Je chercherai à évaluer quelles relations et politiques sont mises en place par ces acteurs étatiques. Enfin, il sera question de prendre contact avec des membres de la communauté des Noirs Marrons pour saisir les pressions tant économiques, que politiques ou démographiques, qui pèsent sur leurs pratiques et les contraignent à les adapter.
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